En 2012, le smartphone est le nouvel enjeu de la CNIL !

 


 

« Compte-tenu de la place grandissante qu’occupe le smartphone dans la vie des Français, il représentera pour la CNIL un enjeu majeur en 2012 ». C’est ainsi qu’Isabelle Falque-Pierrotin, Présidente de la CNIL, annonce que la CNIL va continuer sa surveillance du mobil market où les problématiques informatiques et libertés sont omniprésentes … et de plus en plus !

 
Le smartphone : ce n’est pas qu’un téléphone … c’est aussi un objet intrusif

Les smartphones, bijoux de technologie, sont bien plus que des téléphones. Profils virtuels, achats en ligne, textos, géolocalisation, une quantité prodigieuse d’information est captée et stockée par votre smartphone et pas uniquement dans le seul objectif de simplifier la vie. Et ce phénomène ne devrait que s’accentuer avec le secteur du M-Commerce qui n’en est encore qu’à ses balbutiements.

Les différentes applications présentes sur les smartphones sont de plus en plus interactives. Elles agissent en fonction de la localisation, des requêtes effectuées, des réseaux sociaux…. Les utilisateurs sont localisés afin « d’enrichir les services » qui proposent notamment de la publicité géo ciblée, la localisation d’amis, ou l’information sur les radars…

La CNIL se dait donc fort d’alerter sur le partage des informations sensibles à une trop large communauté. Si ce partage peut sembler ludique à certains, il peut devenir fort utile à d’autres. Ainsi, l’information sur la localisation d’un propriétaire d’un téléphone portable pourrait faciliter la vie des cambrioleurs, comme le constate le site PleaseRobMe.

Si le terminal mobile est devenu indispensable pour de nombreuses activités, les futurs services de paiement ou les solutions mobiles « sans contact » ne vont pas réduire cette dépendance. La CNIL souligne d’ailleurs cette proximité. Ainsi, 7 personnes sur 10 n’éteignent jamais leur smartphone et 40 % des possesseurs des utilisateurs stockent des données à « caractère secret » sur leur portable.

Les utilisateurs font donc une confiance aveugle dans le smartphone et ne changent guère leurs usages appris sur les bons vieux téléphones fixes. Cette naïveté technologique est bien réelle lorsque l’on sait que 51% des utilisateurs pensent que les données d’un téléphone mobile ne sont pas enregistrées ni transmises sans leur accord. Faire changer les mentalités est l’un des axes de la CNIL

 
La politique de la CNIL pour faire évoluer les mentalités

La CNIL souhaite désormais mener différentes actions face aux divers « prédateurs de données smartphones ».

Protéger les smartphones des instruisions frauduleuses
Les données d’un smartphone peuvent intéresser de nombreuses personnes plus ou moins bien intentionnées : le mari jaloux qui veut avoir accès à l’ensemble des communications de sa femme ; l’employeur qui surveille la localisation de son salarié en arrêt maladie …  bien plus grave des personnes qui réalisent des infractions de manière dissimulées en utilisant l’identité virtuelle d’un autre (escroquerie, diffamation, spamming, criminalité en bande organisée…).

L’usurpation d’identité numérique est donc un nouvel instrument juridique qui permet de lutter contre ces pratiques en expansion. La meilleure prévention reste cependant la protection physique et logique du portable, ainsi qu’une vigilance accrue de leur propriétaire.

A cet égard, la CNIL propose une série de recommandations aux utilisateurs concernant les codes PIN et le stockage des informations confidentielles (ne pas désactiver le code PIN et changer celui proposé par défaut, choisir un code compliqué, verrouiller le téléphone, installer un antivirus, être vigilant sur les traces laissées…)

Avertir des pratiques intrusives des fournisseurs de services
Le « business model » de certaines entreprises de services « gratuits » se base sur la collecte et le traitement des données privées, qui donnent de précieuses informations sur les consommateurs.

La CNIL peut sanctionner l’utilisation abusive de ces données, toutefois la sanction pécuniaire est rare. La CNIL opte plutôt pour une stratégie qui consiste à mettre en garde le consommateur et à inciter les fournisseurs aux bonnes pratiques. En effet,  par la publication d’avis ou d’articles, à forte visibilité, la CNIL avise le consommateur sur les pratiques contestables des fournisseurs dont l’image se trouve dégradée.

Ainsi, le dossier concernant l’étude des ingénieurs de la CNIL sur les transmissions des données de géolocalisation de l’IPhone au centre Apple, a été mis en ligne. Cette publication a permis à la CNIL d’entamer une discussion avec Apple, afin de s’assurer que les données collectées ne servaient pas à un traçage illicite des internautes.

En revanche, dans l’affaire « web crawl », la société page jaune n’a pas été aussi coopérative avec la CNIL. Cette dernière l’a donc sanctionné d’un avertissement public exemplaire.

Inciter par la valorisation des bonnes pratiques
A contrario, la CNIL sait valoriser le respect des bonnes pratiques. Il en a été ainsi pour Microsoft, qui a eu le droit à la publication d’un avis positif de ses services de géolocalisation wi-fi, par la CNIL.

Au travers de ces prises de position publiques, on distingue la stratégie de labellisation « informatique et libertés » attribuée aux fournisseurs respectueux de la vie privée.

Pourtant, la CNIL n’a pas les moyens de mettre en place une surveillance de l’ensemble des acteurs. Sensibiliser le consommateur s’avère donc être la meilleure arme. Cela permet d’une part de s’appuyer sur les utilisateurs pour alerter les autorités des abus, et d’autre part d’inciter les acteurs économiques du mobil market à créer des offres commerciales plus respectueuses de la vie privée. L’e-réputation déjà évoquée dans ces colonnes, reste donc la meilleure garantie que les géants du secteur respectent la vie privée des consommateurs.

Par NeoLex Avocats le 3 février 2012

Quel lien entre le XVIIème siècle, les champs et le métier d’avocat ?

C’est entre un petit bijou du XVIIème siècle (le château de Vaux le Vicomte) et les étendues de la Brie que s’est tenue la NeoLex Convention 2011 consacrée à la place de l’avocat dans le monde numérique. Alors que pour le commun des mortels, site internet et courriel sont des outils désormais banalisés, il n’en est pas autant pour une profession fortement encadrée par un Code de déontologie.
D’un métier de papier et de dossiers, le métier d’avocat s’attribue ces nouveaux outils modernes.
Interdit de toute publicité, l’Avocat capitalise désormais sur le site internet : reflet de son activité et de sa spécialité, cette vitrine se doit d’être sans cesse actualisée au risque de perdre toute crédibilité d’image. Commentaires, jurisprudences, articles sont autant de moyens qui permettent à l’avocat de démontrer son attachement à l’évolution du droit.
Entre site internet et blog, cette vitrine serait également en passe de devenir un outil de production sur lequel l’avocat peut désormais afficher ses positions juridiques.
A l’heure des SMS et des Tweets, se pose la question de la « correspondance électronique » et de son encadrement par les règlements intérieurs de la profession d’avocat.
Si le courriel est devenu un des moyens de communication juridique privilégiés de l’avocat, cela n’est pas sans risque et les jurisprudences des barreaux français et européens sont là pour le rappeler ! Quel est donc le statut juridique d’une correspondance numérique alors que son utilisation est devenue monnaie courante au sein d’une profession qui jongle entre échanges officieux et échanges officiels  ?
Entre site internet et courriel, la profession d’avocat serait-elle entrain de faire sa cyber-révolution ?
Si cette profession s’est montrée réticente à l’égard de l’informatique, il est désormais  certain que le passage au numérique est un fait acquis.
A la demande des tribunaux où le i-greffe s’impose, les avocats doivent désormais organiser leur réseau numérique autour de ces nouveaux outils que sont le Cloud (lire : http://www.neolex.fr/2011/05/31/cloud-computing-les-nuages-ne-sont-jamais-sans-risques/), l’agenda électronique, la bibliothèque numérique et son rédacteur d’acte. Autant d’outils qui obligent l’avocat à ouvrir grandes les portes de son cabinet virtuel, avec le risque de perdre cette confidentialité chère à l’atmosphère feutrée des cabinets d’avocats.
Rendez-vous est pris pour la prochaine NeoLex Convention en septembre 2012 !
Par Fabrice Degroote le 11 septembre 2011