
Les nouveaux réseaux sociaux d’entreprise (RSE) sont en passe de connaître un engouement identique (ou presque !) à celui des réseaux sociaux ouverts à tous. Pour que ces nouveaux réseaux trouvent toute leur place au sein de l’entreprise, il est nécessaire de les encadrer juridiquement, tant pour l’entreprise elle-même que pour le salarié.
Des réseaux sociaux d’entreprise jusqu’alors peu prisés des salariés
Les réseaux sociaux d’entreprise sont traditionnellement conçus pour le travail collaboratif. Bien compartimentés, ils sont souvent organisés par expertise, et proposent des outils de partages de documents et des annuaires enrichis. Ils permettent ainsi d’améliorer le travail des équipes préformées en amont de l’existence du réseau. Peu intuitif et complexes, ils ne séduisent pas forcément les collaborateurs qui craignent que l’outil se retourne contre eux et se transforme en un instrument de cybersurveillance.
L’apparition des réseaux sociaux publics (bien qu’ils puissent engendrer des risques) influe sur les nouveaux RSE !
Pourtant, l’émergence des réseaux sociaux grands publics (Facebook, Twitter…) a bouleversé les comportements. Beaucoup moins cloisonnés et hiérarchisés que leurs homologues d’entreprise, ils créent une perméabilité entre la sphère privée et la sphère publique.
Mais bien que la communication soit voulue plaisante et intuitive, cette perméabilité présente des risques réels aussi bien pour le salarié que pour l’entreprise !
> Risques de divulgation des informations confidentielles et stratégiques. Qui ne parle pas de son travail à ses amis ?
> Risques de pratiques déviantes de la part du salarié. L’exemple jurisprudentiel qui constitue un cas d’école, est celui de cette salariée licenciée pour faut lourde pour incitation sur un compte facebook à la rébellion contre la hiérarchie et pour dénigrement envers sa société (CPH Boulogne Billancourt, 19 novembre 2010).
> Risques de pratiques déviantes de la part de l’entreprise qui pourrait utiliser le réseau social pour s’immiscer et contrôler la vie privée des personnes en collectant des informations issues de la sphère privée.
Facebook, Twitter et consorts coûtent chers aux entreprises …
Pour ces raisons, mais également parce que les réseaux sociaux sont un facteur de perte de temps et de productivité (une étude publiée par Symantec en 2011 dévoile que les réseaux sociaux ont coûté 4 millions de dollars aux grandes entreprises), un quart des entreprises empêcheraient l’utilisation de Facebook sur les postes professionnels.
… Pourtant certaines y voient une nouvelle façon de communiquer entre collaborateurs
Certaines sociétés innovent. Elles développent des réseaux sociaux hybrides : ces nouveaux réseaux d’entreprise proposent des fonctionnalités collaboratives dans un cadre sécurisé, tout en étant plus ludiques et intuitu personae. Pour Orange, le réseau s’appelle Plazza. Il remet « les hommes et femmes au cœur de l’entreprise ».
Il s’avère qu’à écouter les utilisateurs et leurs promoteurs, ces réseaux permettent de stimuler la créativité et l’émulation entre les salariés. Pour les multinationales, les réseaux favorisent la communication entre les filiales. Brefs les réseaux bien maîtrisés peuvent créer du lien dans l’entreprise.
Le RSE (réseau social d’entreprise) adapté aux modèles des PME
Des solutions SaaS et Open source existent pour les PME. Le réseau social d’entreprise est devenu un véritable marché connu sous l’appellation «RSE», qui n’est pas sans rappeler le sigle Responsabilité Sociale des Entreprises…
Les prérequis juridiques à l’installation d’un Réseau Social d’Entreprise
La mise en œuvre d’un RSE doit faire l’objet d’une consultation préalable du CE et du CHSCT. D’autant plus, si ces réseaux sont cybersurveillés et peuvent constituer un outil d’évaluation.
En tout état de cause, il conviendra que l’entreprise remplisse les obligations liées à la législation informatique et liberté et au droit du travail (principe de proportionnalité, information des salariés et des instances représentatives). En outre, Il paraît indispensable d’édicter un code/charte de bonne conduite pour les utilisateurs. Ce document devra être intégré au règlement intérieur et/ou à la charte informatique afin d’assurer son opposabilité.
A titre de bonnes pratiques, il est recommandé d’identifier avec les opérationnels les risques d’utilisation déviante. Ce travail permet de définir les périmètres d’utilisation et rappeler les droits et obligations de tous les acteurs sociaux. La formalisation du corpus juridique régissant les réseaux devrait être réalisée par la direction des ressources humaines assistée de juristes spécialisés.